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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 02:27

Expédition en Chine GHM-CMDI 2012

Bonjour à tous depuis le village de Rilong, au cœur du massif du Siguniang, Sichuan, où nous avons établi notre camp de base.

Après une période d'échange franco-chinois sur les falaises d'escalade trad de Liming, au nord du Yunann, nous avons parcouru les 1000kms nous séparant de Rilong en Jeep, en 4 jours sur les hauts plateaux Tibétains, pour commencer notre acclimatation.
Arrivés à notre camp de base, Rilong, nous nous sommes divisés en plusieurs groupes afin d'inclure dans les cordées les alpinistes chinois du CMDI ( Chineese Mountain Development Institut ).

Ainsi, Christian Tromsdorff, Marion Poitevin, Maris, Bruno Peyronnet, Gugu et son collègue Li sont partis dans la vallée de Shuangxiaogo pour gravir une belle arête alpine d'un sommet à 5700m avec  3 nuits à 4900m. Christian, Marion, Gugu et Li sont arrivés au sommet.

Damien Tomasi et Jérome Para étant arrivés plus tôt sur site, ont réalisé une nouvelle voie en mixte de 700m en face Nord d'un sommet à 5500m avec 2 nuits à 4500m et une à 5000m, dans la même vallée.

Christophe Dumarest, Thomas Vialletet, Chloé Laget, Fanny Gras, Mélanie Martinot, Damien, Jérome et le chinois Kanj-hua, sont quand à eux partis sur la vallée de Shongping, au pied de la face nord du Siguniang. Pour réaliser une arête mixte à 5000m avec une nuit à 3700 et 2 nuits à 4500m.
Christophe et Thomas ont ensuite enchaîné sur l'ouverture d'une voie de 600m mixte alpin dans la face nord d'un sommet de 5600m.

Toute l'équipe se prépare aujourd'hui à monter au camp de base avancé à 4500m de la face sud du Siguniang en vue de tenter l’ascension par différents itinéraires.

Nous vous tiendrons au courant du déroulement de l'expédition au retour de nos tentatives.

Sportivement.

l'équipe du GHM

 

Chine GHM-1
Chine GHM-2   Chine GHM-3

Chine GHM-4   Chine GHM-5

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Chine GHM-17   Chine GHM-18

Chine GHM-16

Damien Tomasi, guide de haute montagne, Compagnie des Guides de Chamonix.

Les autres expéditions.

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 00:06

Message du 27 octobre

Bonjour,

Il y a quelques jours Cyril, Christophe et Yannick ont rejoint le sommet du Machermo (6100 m) par un itinéraire technique (genre arêtes de Rochefort).
15h de course aller-retour avec une descente par un accès plus direct mais nécessitant quelques rappels. Ensuite toute l'équipe a marché jusqu'à Gokyo puis passé le Renjo pass pour redescendre sur Thame.
Pour la suite il s'agit d'atteindre le col du Teshi Lapcha qui donne accès sur la vallée du Rolwaling avec peut-être un crochet par le Parcharmo peak.

Grâce au téléphone de Camila, nous pouvons recevoir des photos et les messages, c'est bien l'Iphone !!!
Caroline Allagnat.

machermo 002
machermo 003
machermo 004
Yannick Grazziani, Compagnie des Guides de Chamonix, en expé au Népal.

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La vidéo Youtube.

La vidéo Viméo.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 08:56

Message du 20 octobre.

Bonjour. J'ai reçu hier un court message de Christophe.

La forme est excellente et le moral au beau fixe. Ils étaient hier au pied du gokyo, face à l'Everest, un rêve...
Le second 6000 à été franchi avec succès, par une voie inédite et technique. Il reste encore deux sommets au programme.
Ils donneront des nouvelles dans quelques jours et embrasse tout le monde.
Caroline Allagnat

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 00:09

J'ai reçu un appel de Yannick (Grazianni) lundi matin. Voici un résumé :

Les "4 fantastiques" sont au village de Machermo. Après 10 jours de grand beau temps, aujourd'hui le ciel est un peu couvert.
Suite à une première tentative infructueuse, deux nuits d'acclimatation supplémentaires au dessus de 5000m ont permis à Christophe et Yannick d'atteindre le sommet du Kang Shung (6100m). De là ils ont pu profiter d'une vue magnifique sur de nombreux sommets dont le Cho Oyu. Cyril, fatigué, n'a pas pu monter. Camila qui attend les garçons au camp de base va bien.

Les grimpeurs prennent deux jours de repos avant de tenter l'ascension du Machermo.
La conversation fût brève, vous aurez plus de détails quand ils rentreront!!! Je pense que nous aurons les prochaines nouvelles après le Machermo.

A bientôt,

Caroline

(Si vous voulez avoir une idée d'où ils se trouvent regardez sur google earth, tapez "Gokyo Népal". Zoomez, ils sont un peu au sud des lacs de Gokyo)

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 00:51

Après notre arrivée, avant hier, à Kathmandu et un peu de repos et de récuperation, nous avons fini nos derniers préparatifs.
C'est à dire la récupération de nos permis et nos billets d'avion pour Lukla.
Tous ces préparatifs ont l'air faciles à faire mais au Népal, c'est un peu compliqué tout cela.
Nous avons pris un permis pour un sommet qui s'appelle le MACHERMO, dans la région de l'Everest, que l'on ne trouve pas sur les cartes... on doute même de son existence.
Par contre la vallée de Gokyo, où se situe cette montagne, offre de nombreuses possibilités...


Notre idée est de grimper dans la région comme dans les alpes. Pour cela nous avons une logistique légère : pas de camp de base, on reste en lodge, 5 porteurs maximum dont 2 restent en permanence avec nous pour assurer le transport de nos bagages (matériel de montagne en grande partie).

Ensuite, après quelques temps à Gokyo, nous passerons le Remjo Pass au dessus de 5000m pour nous rendre plus à l'Ouest dans la vallée de Thame.
Depuis ce village, nous passerons encore un col plus à l'Ouest, le Tashi Lapsa à 5600m pour finir notre voyage en descendant dans la région du Rolwaling Himal.

Bien sûr tous nos plans sont sujets à une bonne météo, mais l'époque est propice à un temps stable.
Camilla ne fait que la partie trekking, Cyril, Christophe et moi allons essayer de gravir quelques sommets en route, et bien sûr en style alpin...

Demain matin, nous prenons l'avion à 6h30.
On vous mettra une photo de l'équipe à l'atterrissage.
Amusez vous bien, nous on pensera bien fort à vous.
Là-haut, à ce qu'il paraît, les ondes circulent mieux en haute altitude.

Bye de nous quatre.
CCCY

Message du 11/10/2012



machermo-001.JPG

Arrivée à Lukla beau temps brûlant, on vous embrasse. CCCY les 4 fantastiques.
Le 14/10/2012.

Yannick Grazziani, guide de haute montagne.

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 00:48

Nous rentrons du Pakistan où nous étions avec Antoine Bletton, Sébastien Ratel et Mathieu Maynadier où nous avons pu ouvrir une voie sur le latok 2 (7150m).

Il y a trois ans, Julien Herry, Maxime Belleville et Roch Malnuit avaient tenté cette face sud ouest du Latok 2 mais avaient dû renoncer vers 6000m à cause du mauvais temps. Ils nous ont alors orientés vers ce projet et donc merci à eux !

latok 2 tracé théorême de la peine
Ce fût bien long pour arriver au camp de base. D’abord les problèmes administratifs à islamabad : juste à notre arrivée la zone ouverte où nous devions aller est devenue restreinte donc il nous faut un officier de liaison et il faut donc le payer.
Après deux jours de vaines négociations nous partons pour 30 heures de bus sur la karakoram highway en direction de skardu. De là, une fois les courses faites, nous allons à Askole en 4X4 en 6 heures de pistes bien escarpées ! Ce village est vraiment étonnant, avec des vieilles maisons en pierre et en terre offrant un confort très précaire mais compensé par l’accueil des habitants. On revient en arrière dans le temps au vu du mode de vie des habitants.

Après Askole, il n’y a plus de villages, seulement d’immenses montagnes et des glaciers à perte de vue. Nous mettons trois jours de plus pour arriver au camp de base avec une quarantaine de porteurs aux pieds bien montagnard. Nous devons désormais nous acclimater mais le temps instable et les montagnes trop raides nous empêchent de bien le faire. Donc après seulement une nuit à 5800, nous commençons à attendre un créneau de beau temps pour tenter la voie.
La météo annonce du mauvais temps pour les jours à suivre donc nous pouvons tranquillement prendre un apéro au Ricard pour se détendre un peu. Une bouteille plus tard nous nous apprenons que la météo a changé, il va faire beau, et donc il faut rejoindre le bas de la voie avec un sacré mal au crâne. Mais nous n'avons que trois jours avant le retour de la neige.

latok 2 rimaye
latok 2 rampe J1
Le jour se déroule sans trop d’encombres si ce n’est la fatigue et la longueur de la journée qui nous impose au final un bivouac inconfortable à 5800m. De plus, il neige pendant la nuit, ce qui alimente un peu nos doutes quand à notre possible réussite.
 

latok 2 bivouac 1

Les passages mixtes et neigeux se succèdent le second jour où nous nous arrêtons à 17h à 6300m. L’itinéraire est astucieux, jamais trop difficile mais quand même soutenu. Nous n’avons plus qu’un jour de beau temps prévu, il nous faudra donc descendre de nuit et de toute façon nous n'avons plus de nourriture pour un autre bivouac.

latok 2 mixte J2   latok 2 mixte J2 (2)

 Réveil à 2h, puis nous remontons le couloir qui s’avère plus technique que prévu, avec des passages de mixtes délicats. Enfin, nous parvenons sur l’arête qui, bien que facile, est chargée de neige. C’est avec une vitesse des plus lentes (2 mètres à la minute en moyenne !) que pendant la suite de la journée nous remontons les pentes en direction du sommet. Nous arrivons au sommet sud ouest (environ 7000 m) vers 18h et décidons d’arrêter là. Un peu stressés par l'idée de descendre la paroi sans repos nous profitons quand même du splendide panorama.
Nous nous sentons vraiment loin de tout.


latok 2 arête sommitale
latok 2 antoine sommet   latok 2 sommet

latok 2 descente'

Les gestes automatiques et lents, la soif de plus en plus en plus insistante, nous équipons sur lunules de glace les 2000 m de rappel. Epuisés, nous atteignons la rimaye à 10h du matin. C’est fini, nous avons ouvert « théorème de la peine », une voie de 2000m en M5 mais surtout nous avons vécu une belle aventure.

Pierre Labbre, guide de haute montagne.

Les autres expés dans le blog.

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 00:00

patagonie 4
patagonie 1
patagonie 2
patagonie 3
patagonie 5
patagonie 6
Salut ,

Comment ça va ?

Moi ça roule, on a eu pas mal de créneaux de beau. La Patagonie c'est pas si pire pour la météo. Ou on a eu du "cul" ou alors cette technique de rester à El Chalten et de partir quand c'est bon, ça permet de faire pas mal de choses.

Dès que nous sommes  arrivés avec Julien et Thomas, il y avait un créneau qui se profilait alors on a fait les sacs et on est parti au super couloir du Fitz. C'est vrai qu'à l'approche on se posait des questions mais la météo a tenu sa promesse et il a fait beau et sans vent, on a pu faire cette belle voie de mixte. La première partie est rébarbative, c'est un couloir de neige avec quelques passages à 70, mais la seconde partie est plus jolie avec de sympas passages de mixte en bon rocher.

Après nous sommes redescendus dedans. C'était long mais on avait les duvets au pied.

De retour à El Chalten,  on s'est reposé 3 jours en pensant qu'on avait eu beaucoup de chance et que si ça se trouvait, il n'allait plus faire beau jusqu'à notre départ (dixit pas mal de grimpeurs et amis qui sont venus en Pata et qui n'ont eu que 1 ou 2 jours sans vent sur un mois).

Mais cette satanée bonne météo ne veut plus nous lâcher et il faut refaire les sacs, cette fois pour le Pilar Rojo. Juju est malade donc je pars avec Thomas et aussi des amis de Cham (Francois, Jérôme et Vivien).

Nous montons au passo supérieur et, plus nous montons, plus le vent se calme et le ciel se dégage.
Ce fût une voie majeure de environ 500m, digne de la voie des Anglais au Gröenland...
Nous fûmes toppés à 2 longeurs du sommet à cause de fissures totalement glacées. Nous nous en sommes voulus de ne pas avoir pris un piolet et une paire de crampons.
Malgré tout, nous avons fait la plus belle et raide partie de la voie avec une des plus belles escalades que nous n'ayons jamais fait (que des splitteurs sur 500m, hallucinant). L'ouvreur est notamment Kurt Albert.

Fatigués et repus d'escalade nous revenons à El Chalten heureux.

Il reste une semaine de vacances à Thomas et Juju. Ils décident de voir autre chose et, donc, vont visiter le parc des Tours du Paines.

Moi je reste à El Chalten avec Jérôme, Ponpon et Vivien. Eux ont fait une superbe tentative au Cerro Torre quand on était à Super Canaleta. Ils butèrent à 30m du sommet. Neige vraiment verticale sans couloir. Ca aurait pris 4 ou 5 heures de creuser un demi-tunnel. Et ils n'ont pas voulu engager la viande...

Après le Pilar Rojo, nous nous reposons 2-3 jours en croyant que la montagne ne nous laisserait pas une 3ème chance. Et bien non, nous sommes un peu crevés mais il faut refaire le sac. Cette fois, je vais grimper avec Ponpon et Jérôme, on a jamais grimpé ensemble mais on décide quand même d'aller essayer Royal Flush, car il y aurait un créneau de 3 jours... Hallucinant ! Je ne comprends plus rien, c'est quoi cette Pata qu'on nous vend comme étant "butogène" à cause de ses vents tempêtueux. Pour nous, il suffit d'attendre 3 jours, le temps de se reposer et un autre créneau se profile automatiquement !!!

Cette fois, je suis le moins optimiste des 3. Je pense que jamais 2 sans 3 ne peut pas s'appliquer, là on va se prendre un gros but à cause de la météo, qu'on redescendra en catastrophe, que peut être on aura un gros souci. Statistiquement, je me dis que c'est pas possible... Ca me paraît inconcevable, ça dépasse mon entendement de grimper autant de voies en à peine 2 semaines.
Et sutout la Royale Flush !
Riien que dans le nom de la voie, tu comprends que t'as peu de chances de réussir.

Mais bon, l'optimisme de Ponpon me met dans un meilleure comfig.

"je vois pas pourquoi on prendrait un but..."

Ca me parait dingue. La voie s'appelle Royale Flush mais lui n'y voit aucun problème...
Ca doit être mon côté pessimiste qui me joue des tours !!! Va savoir ...

Nous faisons les sacs une 3 ème fois avec l'idée de passer par la Ferrari avant la 1 ère vire. En effet, tout le monde nous dit que c'est la douche assurée (Jorge, Rolo, et un article de Nico et Sean).

Nous voilà enfin au pied du big wall (1300m de haut). Nous passons par les dièdres de la Ferrari. C'est nul à grimper, c'est gavé d'échelles, pitons et cordes fixes dégeulasses, c'est dangereux ... Ponpon arrache une échelle entière (en ferraille) de 20m de haut mais heureusement, il est en second. Par quelques longeurs de mixte, nous arrivons tard au bivouac.

Après une nuit de 3 heures sur vire penchée, nous repartons maintenant dans la vraie voie, en escalade libre et sans matos de merde en place ...
C'est hallucinant, les longueurs sont majeures. C'est hyper raide, rocher comme au grand Cap avec que des fissures verrous comme à Indian Creek. La longeur de 7c est passée en artif car totalement mouillée. Mais à part cette longueur, et une autre vers la fin, c'est sec. On se gave tant en tête qu'en second. Ca "fait bien" en libre. Tu nous gâtes Kurt encore une fois ...

Après une longue journée d'escalade, nous arrivons au bivouac des Italiens à 400m du sommet. Il faut déblayer non pas la neige mais la glace vive de la vire. Ca nous prend longtemps et c'est dur. On est crevés et on décide de passer la nuit ainsi : moi enroulé dans des cordes pour pas tomber de cette vire hyper penchée, Jérôme assis et fixé à la paroi par sa longe et Ponpon coincé dans une fissure large et glacée.
Dément ... J'adore ...

Le lendemain, réveil à 5 heures. Nous grimpons encore pas mal de fissures dignes de Astroman mais en mieux !!!

Et progressivement ça se couche. Le terrain devient moins raide, entrecoupé de vires mais l'itinéraire à suivre nous laisse souvent perplexe, les fissures sont glacées. Nous laissons le sac de hissage et partons légers vers le sommet.

Enfin nous arrivons au sommet. Explosés mais contents. Il est 15h30, il fait grand beau. Cerro et Hielo Continental à perte de vue ... Une vue indescriptible tellement c'est beau.

Nous mettons toute la nuit à redescendre et passons la rimaye au lever du jour (15 horas de bajada ...)

Voilà, je n'en reviens pas encore d'avoir pu réussir cette grande paroi...

Plus tard, on apprendra que des suisses équipés de ledge ont pris un but à 4 longueurs du pied de la paroi dans Royal Flush, car c'était trempé. Nous, en descendant de nuit, on a trouvé ça grimpable ...
Peut-être que la solution, c'est de grimper de nuit le bas avant la vire. Ou alors de prendre "gaver de pof" et de grimper dans le mouillé.

Là, je me repose. Vivien, Ponpon et Jérome rentrent dans 3 jours à la casa.

Y a un autre créneau de 3 jours qui s'annonce !!!

J'aimerais bien faire le Cerro mais j'ai personne avec qui grimper ...

A revoir à tous.

Rémi Sfilio, guide de haute montagne.

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 00:46

"Un de nos guides Fabien Meyer et son client Nicolas Touboul, ont grimpé l'Iceland Peak et l'Ama Dablam cet automne. Ils nous livrent tous deux leur témoignage."

Nicolas et moi allons en montagne ensemble depuis 2 étés et vu les qualités techniques et physiques que notre cordée a développées durant cette période, il a été assez naturel de proposer une aventure de l'envergure de l'Ama Dablam.
 

 

Fort de nombreuses ascensions alpines réussies dans un bon rythme, dès la fin de l'été 2010, nous avions fixé l'objectif. Nous nous sommes également astreints à une certaine éthique et ceci en toute humilité:

·       Ne rien laisser sur la montagne : évidemment les ordures mais aussi l'équipement.

·       Grimper sans utiliser les cordes éventuellement en place : c à d en technique Alpine.

·       Grimper en autonomie à partir du camp de base : ne pas utiliser les services de sherpa pour les portages et pour l'équipement éventuel.

Pour nous, atteindre le sommet est  tout aussi important que le respect de l'éthique que l'on se fixe.

 

Nous avons eu la chance d'atteindre le sommet dans de très bonnes conditions. Nous avons pu respecter partiellement notre "charte" ; les conditions à partir du camp 3 (itinéraire en glace) nous ont contraints à utiliser les cordes fixes. Je crois que grimper cette partie en technique alpine aurait compromis nos chances d'aller au sommet : cette glace ancienne était particulièrement dure et donnait bien peu de plaisir à grimper. Il a fallu faire le choix.

 

Nous voilà donc parti après avoir soigneusement préparé l'ensemble des nombreux aspects d'une telle aventure avec l'aide de la célèbre agence Thamserku. Agence dont le professionnalisme n'égale que la qualité et la gentillesse de son personnel. Une chance de rencontrer Phurba notre sherpa et Chandra notre cuisinier.

En chemin nous rencontrons Jorge Egocheaga, himalayiste espagnol qui nous accompagnera tout au long de notre voyage par regroupement de moyen organisé par l'agence. Jorge nous marquera longtemps par ses qualités humaines et de montagnard...

 

Un peu de tourisme à Katmandou et rapidement nous voilà dans l'avion pour Lukla ...

 

 

"Le récit quotidien"

27 octobre
Nous quittons Namche Bazar au petit matin, après un petit déjeuner un peu chaotique, tous les trekkers partant à peu près au même moment. Premier aperçu de l'Ama Dablan dès le premier virage, passé  Namche. La montagne est superbe et on distingue bien la face que nous voulons gravir.
Le sentier descend un petit peu puis remonte "sec" jusqu'à Tengboche, situé à 3860m et doté d'un superbe monastère. C'est là que nous déjeunons.
Une heure de plus et nous arrivons à Pangboche (3940m), étape du jour. L'altitude commence à se faire un peu sentir mais nous ne prévoyons pas de changer nos plans et devrions partir pour Chukkung (4700m) dès demain.

Népal 01
Népal 02   Népal 03


28 octobre
Nous laissons une partie des affaires derrière nous, qui iront directement au camp de base de l'Ama Dablam. Quant à nous, direction Chhukhung où nous arrivons en début d'après-midi, après une longue pause-déjeuner à Dingboche. Nous sommes à  4740m et avons parcouru 800m de dénivelé aujourd'hui. Les limites de notre acclimatation alpine vont-elles être atteintes?

Népal 04   Népal 06

Népal 05

 

29 octobre
Journée de transition: nous partons après le déjeuner vers le camp de base de l'Island Peak.
Le chemin traverse de larges vallées, entourées des plus belles montagnes du monde.
C'est superbe. Nous arrivons au camp de base après deux heures de marche.  Au moment même où nous pénétrons dans l'enceinte du camp, 4 sherpas transportent le cadavre d'un touriste indien, décédé du mal aigu des montagnes après avoir atteint le sommet  de l'Island Peak il y a deux jours. Ambiance...

Népal 07   Népal 08

Népal 09


30 octobre
Cette première nuit au-dessus de 5000m aura été assez médiocre pour tous les deux.
Nous partons vers 9h et suivons le chemin de l'Island Peak.
L'idée étant de monter un camp très avancé pour pouvoir dormir en altitude demain soir au retour du sommet.  Nous plantons la tente à 5900m après un peu plus de 3h d'ascension dans du rocher, à la limite rocher-neige. L'emplacement du bivouac est spectaculaire, avec une vue panoramique sur de nombreux sommets de la région.
Nous aurions pu pousser jusqu'au sommet dès aujourd'hui mais à chaque jour suffit sa peine et nous ne sommes pas encore complètement acclimatés au-delà de 5000m.
Demain: départ pour le sommet et nuit en tente à 5900m.

Népal 10
Népal 11   Népal 12


31 octobre
Sommet de l'Island Peak (6189m) atteint à 11h ce lundi 31 octobre !
Nous avons quitté le camp de base à 5h30 et refait le chemin de la veille jusqu'à notre tente. Là commence le glacier qui mène à la face sud du sommet. Normalement, les grimpeurs utilisent les cordes fixes pour rejoindre l'arête finale qui mène au sommet. Fabien préfère évidemment le style alpin et nous grimpons en cordée l'élégante face sud, une pente de 60 degrés en neige dure.
Ainsi évitons-nous les embouteillages des cordes fixes.
Au sommet, le panorama est à couper le souffle. Véritable vision à 360 degrés de la chaîne himalayenne.
Nous redescendons après avoir profité du paysage et rejoignons notre tente à midi. L'après-midi se passe tranquillement, entre préparation de boissons chaudes et farniente dans la tente.
 A 18h, nous sommes emmitouflés dans nos sacs de couchage, la température extérieure indiquant -10 deg C.

Népal 15
Népal 13   Népal 14


1 novembre
La nuit fût courte ! Fabien souffrant d'intoxication alimentaire semble-t-ill, nous voilà partis à 2h30 du matin, espérant ainsi éviter d'éventuel complications liées a l'altitude. Descente cauchemardesque avec fièvre et diarrhée aiguë qui nous prendra plus de 4 heures laissant derrière nous la tente et quelques affaires. On voit bien ici l'intérêt d'être a deux...
Le matin, après avoir pris un peu de repos, Nicolas remonte chercher la tente et le reste des affaires pendant que Fabien comate dans sa tente !
L'après-midi, direction Chhukhung, où nous attendent Jorge et Phurba. Pas fâchés de se retrouver dans la chaleur d'un foyer pour récupérer de cette longue journée pleine de péripéties!
2 novembre
Journée de transition calvaire pour Fabien entre Chhukhung et le camp de base de l'Ama Dablam. Arrêt technique chronique, fièvre et jambe coupées pendant 5h de marche le long d'un sentier très peu fréquenté présentant des vues exceptionnelles sur la région.
Nous sommes désormais installés confortablement dans les tentes montées par Thamserku, notre agence locale. Nous ne sommes que tous les trois et bénéficions d'un cuisinier attitré, ainsi que de son assistant, avec bien sûr le concours du précieux Phurba.

3 novembre
Tandis que Fabien, toujours pas remis de ses déboires alimentaires prend une journée de repos et de jeûne, Nicolas part faire un premier portage en direction du camp 1 (C1). Le chemin est long et l'altitude se fait ressentir. Après 4h de marche, Nicolas laisse le sac à environ 1h de C1, impossible d'aller plus loin pour aujourd'hui !
Le soir, nous établissons un plan de bataille, qui nous voit accéder au sommet de l'Ama Dablam le 11/11/11. Plan tout théorique bien sûr qu'il conviendra de faire évoluer ces prochains jours au fur et à mesures des informations, notamment météorologiques, que nous allons recevoir. Et de la capacité de Fabien à se remettre rapidement de son intoxication...

4 novembre
Fabien se sentant mieux, nous décidons de partir pour une journée de portage vers C1. Nous mettons 5h pour rejoindre C1, récupérant au passage les affaires laissées par Nicolas à mi-chemin. La dernière partie consiste en une longue dalle inclinée à 40 degrés par endroits et qu'il faut franchir avec prudence. A C1, nous retrouvons Jorge et montons la tente 3 places de Fabien, où nous déposons les affaires.
Retour au camp de base peu avant 18h, après quelques arrêts "techniques" pour Fabien, dont l'état semble de nouveau empirer...

Nepal-16-.jpg
Népal 16


5 novembre
Journée de repos au camp de base bien méritée après ces longs portages. L'endroit est magnifique. La température varie de -5 a 10 deg C. L'intoxication alimentaire de Fabien semble bien terminée ! Ouf, on a eu chaud !

6 novembre
Départ pour le camp 1 déjà installé mais nous ramenons matériel et nourriture supplémentaires. L'après-midi, préparation pour le lendemain, qui va consister en un repérage du camp 2 et au-delà.
Nous croisons également notre compère espagnol Jorge, qui redescend du sommet et nous confirme que le camp 2 est très limité en places disponibles.

7 novembre
Lever tôt, grimpe jusqu'à c2 (6000m) en style alpin sans utiliser les cordes fixes existantes en 3h30. Pause réduite au strict minimum tant cet endroit exigu est inconfortable, sans évoquer l'odeur infecte qui y règne. Puis repérage des conditions, toujours en technique alpine, de l'itinéraire jusqu'à la tour jaune ! Retour c2, dépose de matériel et retour tardif au camp de base où nous arrivons à la lumière des lampes.

Népal 18
Népal 17


8 novembre
Repos au cb, mise en place de la stratégie. Préparation de la tentative. Les prévisions météo du fidèle Yann font état d'un vent fort vendredi, jour que nous avions choisi pour accéder au sommet. Jeudi semble meilleur. Du coup, on bouscule le programme... Demain nous devons rallier directement c2 ou plus haut pour avoir une chance de faire le sommet jeudi.

9 novembre
1ère tentative : grimpe de cb à c1 light, on prend le matos au passage et on va à c2, long mais tout se passe bien. Le rythme, malgré les passages techniques et le poids, est bon. On arrive au c2 peu après midi. Le problème de la tente subsiste. Où dormir? On fait le choix d'occuper une tente pleine de matériel, ce qui s'avérera être un bon choix, puisque personne ne nous délogera... Enfin préparation du lendemain et dodo !

10 novembre
Départ 3:10 de c2 à 6000m. Il n'y a pas de vent et la température est douce (-10) les conditions sont parfaites. Rythme rapide, on avale la tour jaune, mixte raide, neige peu solide, superbe et gazeux. On laisse la tour jaune derrière nous, l'arête neigeuse est accidentée et fragile sans être difficile. On l'avale sans hésitation. Pause camp 2.7 vers 6h du matin, on squatte une tente vide, Fabien en profite pour mettre une couche supplémentaire sur le bas, car la température baisse sérieusement à l'approche du jour. Egalement un faible mais constant vent souffle désormais sur la face.
On repart, et de suite c3 lever du jour. L'arête est terminée et reste quasi 600 m de face entre 55 et 75 deg. 20-30 km de vent, température environ -15, les conditions sont bonnes. On progresse lentement mais sûrement. La fin de l'ascension est exténuante et interminable.
Finalement, on arrive au sommet vers 10:00, près de 7 h après avoir quitté c2. Extase!
Descente sans soucis, on prend son temps. Retour c2 on ramasse le matos.
On encape vers c1 chargés à bloc.
 On pause à c1 et on file récupérer à cb, où l'on arrive à 20h30, mettant ainsi un terme à une journée de plus de 17 h de marche et 2200m de dénivelé cumulé.

Népal 22   Népal 21

Népal 20
Népal 19



11 novembre
Après une bonne nuit au camp de base, départ vers 10:00 pour aller chercher le matos restant au c1. Les jambes sont lourdes et le souffle un peu court la première demi-heure !
Le reste du parcours se fait dans le plaisir : apprécier que l'objectif fixé il y a un an, est réalisé. Moment de plénitude où les tensions s'apaisent et où la détermination laisse la place à la contemplation...
Moment d'alpinisme aussi prégnant que le sommet lui-même...
Accueil au camp de base par Chandran qui comme à son habitude nous a préparé un savoureux repas...

Népal 23   Népal 24


12 novembre
Nous passons la journée du 12 novembre au camp de base. Vraie journée de repos qui nous permet de prendre une douche et de préparer les affaires pour notre départ du lendemain. Le soir, notre cuisinier se surpasse et trouve encore le moyen de nous étonner par ses créations culinaires.

13 novembre
Départ au petit matin en direction de Namche Bazar, que nous atteignons en début d'après-midi. Rien d'autre pour cette journée, sinon le confort appréciable du retour à une civilisation toute relative.

Népal 25   Népal 26

Népal 27


Suite et fin : nous devons rentrer à Katmandou le 16 novembre au matin et en Europe quelques jours plus tard. Hormis les aléas météo toujours présents dans cette région du monde, il ne devrait pas y avoir beaucoup de surprises ces prochains jours. Aussi allons-nous arrêter ce récit à ce stade. Merci de nous avoir suivis et à bientôt sur d'autres cimes.

De Fabien Meyer, guide de haute montagne et Nicolas Touboul.

Les autres voyages des guides de la Compagnie

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 00:57

Jérome, Pierre et Mathieu sont partis cet automne pour un beau voyage au Népal.
ils ont ouvert un nouvel itinéraire sur le Kyashar (6770 m).
Vous pouvez lire le récit ici.

Jérome, de retour, nous fait partager ce voyage avec quelques belles photos.

 

Kyashar 01
Kyashar 03
Kyashar 04   Kyashar 05

Kyashar-06-.jpg
Kyashar-08-.jpg
Kyashar 07    Kyashar 09

Kyashar 10
Kyashar 11
Kyashar 12
Kyashar 13   Kyashar 14

Kyashar 15
Kyashar 16
Kyashar 17   Kyashar 18

Kyashar 19
Kyashar 02

 

Lire le récit de l'ascension

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 00:04

Objectif Kyashar 6770 m.

Nous sommes arrivés, Mathieu Détrie, Pierre Labbre et moi-même en avion à Lukla, dans le bas Kumbhu, le premier octobre. Ensuite quatre jours de marche en direction du Kyashar, 6770m, que nous n'avons vu qu'en photo pour le moment. C'est une belle pyramide située juste en face du Mera peak, sommet de 6000m connu des trekkers. On installe le camp de base au pied de la montagne à 4300m et par chance juste à côté d'un village, ce qui se révèlera décisif par la suite pour la recharge du PC qui nous permet de regarder des films pendant les longues journées d'attente.
Un jour après être arrivé au CB, je tombe malade et ne suis vraiment pas bien pendant une semaine.

Après quelques jours on est prêt pour commencer l'acclimatation, on part alors vers le Kusum Kanguru, 6400m, tous les trois avec Chandra, notre guide népalais. Il est guide de trek mais voudrait devenir guide de haute montagne, il lui semble intéressant de venir avec nous: il ne sera pas décu !
Partis un peu trop tard, on patauge dans la neige molle à 5500m d'altitude : il fait très chaud en ce moment et il n y a quasiment pas de regel la nuit. De plus, nous pensions ouvrir une petite voie facile qui mène à un col et permettant de rejoindre la fin de la voie normale. C'était faire un peu trop confiance à la carte népalaise au 1/100 000ème : le col mène en fait à une raide brèche surmontée de plusieurs centaines de mètres de rochers très raides, un petit big wall en fait... Pas rancunier, Chandra nous dit avoir beaucoup appris en marchant au milieu des crevasses. Nous nous sommes un peu acclimatés: deux nuits a 5500m.

De retour au CB, nous voyons passer de nombreux groupes redescendant victorieux du Mera peak. Quelques uns des participants n'ont vraiment pas l'air sportifs ou sont très âgés, alors on se dit qu'on aura peut être plus de chance ici qu'au Kusum. On fait le sommet en trois jours par la voie normale (marche) ce qui nous permet de dormir à presque 6000m et de grimper à 6470m. Du sommet le panorama est splendide : c est la première fois pour Pierre et moi que nous voyons tous ces sommets gigantesques : Kenchenjunga, Makalu, Lotse, Everest, Nuptse, Cho oyu. L'air est limpide.
Le seul hic est que je suis toujours malade et parfois fièvreux. je ne me sens pas en grande forme. 
Retour au CB, quelques jours à se reposer puis on prépare les affaires.

Le 23 octobre, on part pour le pied de la face. Chandra nous aide à monter des affaires : on aura environ 20kg par pers, incluant la nourriture et le gaz pour 5 jours en montagne, ce qui n 'est pas très lourd puisque un grande partie de ce materiel est portée au baudrier.


Premier jour.
Le 24, tôt, on remonte le cône de neige qui donne accès à la ligne que nous avons repérée. C'est une ligne mêlant escalades mixtes (qui semblent difficiles) et parties neigeuses. Il apparaîtra que la neige est raide, souvent 70 degrés (selon nous), ce qui nous a forcé à faire des longueurs tout du long.
Quelques pentes faciles au-dessus du cône de neige nous mènent au pied d'un ressaut vertical de trois longueurs que nous mettons du temps à passer. Ensuite nous tentons de rejoindre le lieu de bivouac que nous avions repéré. Il se trouve que c'est loin et on doit grimper 3 heures de nuit pour l'atteindre. Je recommence à avoir de la fièvre, j'ai froid en grimpant en doudoune... J'en ai vraiment bavé pour finir cette journée. Le soir au bivouac je suis certain de faire demi-tour et redescendre le lendemain, mais ils s'occupent bien de moi, me font à manger et on ne dort pas si mal finalement : on est parvenu à poser la mini tente. On a grimpé 700m, ce qui est pas mal, on pensait le bivouac moins loin.
Curieusement je ne me sens pas trop mal le lendemain matin et nous continuons.

Deuxième jour.
Quelques courtes mais difficiles longueurs que Pierre négocie comme un chef et nous revoilà dans les pentes de neige raides difficiles à protéger : on vise les rochers tant que possible pour poser les friends et quand ce n'est pas possible, on plante des pieux à neige. A la nuit nous trouvons un vague emplacement pour le bivouac mais impossible de mettre la tente. on ne la mettra d'ailleurs plus par la suite. On s'endort sur nos petites plate-formes de rocher, pas super à plat, mais il n y a pas mieux. On n'a pas pris beaucoup de hauteur aujourd hui : il y avait beaucoup de traversées difficiles, de bandes de rochers raides à contourner... on a pris 200m.


Troisième jour.
Des longueurs de mixte alternent avec des pentes de neige raides. On passe une partie de l'après-midi dans un gros nuage neigeux qui nous envoie des spin drifts. Au soir le temps redevient clair mais on ne trouve pas d'emplacement de bivouac, vraiment rien. On s'arrête juste avant la nuit pour tailler dans la pente une petite plate-forme. Je recommence à avoir froid et des frissons, je pense que j'ai de la fièvre. Je n'avais jamais senti cette sensation en montagne et c'est assez désagréable de se sentir aussi faible. Le bivouac n'est pas grand : on dormira assis, enfoncés jusqu'à la taille dans la tente sans arceaux pour se tenir chaud. La nuit est superbement claire et les sommets autour grandioses. On en a d'ailleurs bien profité puisqu'on a pas beaucoup dormi. On est à 6350m, nous avons grimpé 1200m depuis l'attaque et le sommet semble vraiment proche. Il nous reste seulement 300m difficiles puis 100m de neige.

Quatrième jour.
Au réveil, je me sens mal, vide d'énergie et de motivation : drôle de sensation. Mathieu va moyennement bien, Pierre est ok. Mais je ne peux pas continuer, j'ai peur que ce  soit trop risqué : je n ai plus confiance dans la force qui me reste, et la descente du sommet étant complexe, on ne peut pas arriver au sommet complètement cuits. On est d'accord et cela nous semble trop engagé de continuer. On décide donc de descendre, un peu frustrés.
J'équipe la longue descente en rappels qui mène à l'épaule de neige, puis de là, nous descendons à pied par le glacier tourmenté au nord de la montagne. La descente assez complexe nous a pris toute la journée. On est de retour au CB le soir, 5 jours après l'avoir quitté.

Ce que nous avons grimpé est beau, le rocher jamais trop mauvais, souvent bon même. La difficulté serait ED, et soutenue. Ce n'est pas une ligne très évidente, la montagne n'en offre d' ailleurs pas vraiment. Cela rappelle un peu la face nord de l'Eiger tant en hauteur qu'en logique d'ascension (beaucoup de traversées, peu de lignes verticales directes).
C'est un beau challenge sur une belle montagne !

Le retour de Lukla a peut être été encore plus dur : un mauvais temps exceptionnel a sévi sur Lukla, avec beaucoup de jours de brouillard, rendant le retour à Kathmandu par avion impossible. Après avoir attendu 5 jours que le temps s'améliore, on craque et on décide de revenir à pied : un peu plus de 100km et 5000m de dénivelé de marche en un jour et demi, suivis de 10h de bus en folie au lieu de 45 min d'avion...mais c'est beau !

On a fait un beau voyage, heureux d'avoir grimpé ensemble. On a aussi pas mal appris. J'ai su plus tard que d'autres personnes ont eu la même chose que moi, un virus chopé ici sans doute.
Ca fait pareti du voyage, je ramennerai un souvenir !

Jérôme Para.


34-super intégrale de PeutereyJérôme (au centre) et Pierre (à droite)
lors de leur super intégrale de Peuterey et d'une ouverture d'une nouvelle voie au Freney.
Il étaient accompagnés à cette occasion d'Aymeric (à gauche).

olan 12Pierre et Mathieu lors de l'ouverture de "Chauve qui peut" dans la face nord de l'Olan.

altiport-de-lukla.jpgLukla et son "aéroport" par beau temps (en 1990).

 

Voir les photos du voyage.

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